La résilience est un concept plus ou moins intégré aux domaines de connaissance et courants de pensée établis. Situé aux confins du psychique, du culturel et du social, il engendre un climat passionnel de séduction ou de rejet. Dans un regard nouveau sur des phénomènes connus, il tente de délimiter un certain nombre de processus vivants de lutte contre la souffrance humaine issue de circonstances de vie particulières. Il est intéressant d’explorer la notion de résilience de manière sensible et complexe, sans crainte de l’imprécis, du chaos de la pensée ou encore de la complexité, c’est à dire, en acceptant les contradictions, la complémentarité et la diversité des points de vue théorico-pratiques. Les capacités créatrices dans le champ de la résilience mettent en exergue la faculté de rebondir après des blessures psychiques de la vie. En clinique de la résilience, cela implique un certain nombre de capacités psychiques telles que la sublimation, le contrôle des affects, la capacité à reporter dans le temps la réalisation des désirs, l’altruisme et l’humour. La dynamique des capacités créatrices met également en valeur la qualité de l’environnement affectif dans la constitution des qualités nécessaires au dépassement des traumas d’origine intra ou extrafamiliaux. La résilience se tisse entre histoire intime, événement de vie, modes de défenses psychiques privilégiés, type de résonance et de contrôle affectif. Les indicateurs cliniques concrets sont souvent le positionnement social : choix professionnel, choix de conjoint, représentations du traumatisme offert par l’environnement. Outre les facteurs constitutionnels de la résilience, il faut souligner l’importance des appuis affectifs et relationnels sur certaines personnes de référence du milieu des personnes résilientes, ceci soit avant l’événement traumatique, soit après, dans un milieu thérapeutique ou naturel. Ceci invite à une démarche qui inclut les proches des personnes en souffrance pour activer les facteurs nécessaires à l’éclosion du processus résilientiel. Les praticiens mettent l’accent sur la quête d’un sens à la vie, au travers d’une recherche spirituelle, dans la construction de projets à réaliser ou par un engagement dans des actions de solidarité humaine. Il en ressort que le lien entre la résilience et les capacités créatrices est que la résilience se nourrit des capacités créatrices et les nourrit en même temps. Ce sont ces différentes capacités créatrices que le symposium aborde autour de six principaux axes.